Publié le 05/05/2009 à 12:00 par bezierspcf
UNE COQUILLE VIDE
MEDEF: Claude Bébéar préside le Comité des sages sur la rémunération des patrons !!!
Face à l’incompréhension suscitée par les bonus octroyés à plusieurs grands patrons au moment où les plans sociaux se multiplient, le gouvernement a dû se résoudre à demander au MEDEF d’émettre des propositions pour « moraliser » les pratiques de rémunérations dans les entreprises qui licencient ou développent le chômage partiel. François Fillon, le premier ministre, avait fixé une date limite à fin avril. Un « ultimatum » que la patronne des patrons, Laurence Parisot, a rechigné à respecter. Elle a finalement annoncé, in extremis jeudi le 30 avril, la mise en place d’un « comité des sages ». Claude Bébéar, fondateur d’AXA, lui-même administrateur chez BNP-Paribas et Vivendi, en est le président. Les autres membres seront probablement nommés cette semaine. Laurence Parisot, qui a maintes fois répété n’avoir « ni le pouvoir ni le désir » d’imposer des règles aux patrons, plaide pour un comité des sages dans lequel ne siégeraient que des employeurs. Une affaire de famille, en somme, menée par ceux-là mêmes qui touchent le jackpot depuis des années. D’ailleurs, les dirigeants d’entreprise peuvent se rassurer, selon la volonté du MEDEF et de l’Association française des entreprises privées (AFEP), le comité ne pourra pas « s’autosaisir ». Il devra attendre d’être saisi par les conseils d’administration, les comités de rémunération et les assemblées générales des entreprises, autrement dit par les instances qui ont, année après année, autorisé l’attribution de bonus toujours plus hauts.
Paule Masson l'Humanité
Publié le 02/05/2009 à 12:00 par bezierspcf
Les obsèques de Maurice Verdier, adhérent de la section du PCF de Béziers, ont eu lieu le samedi 2 mai dans cette ville. De nombreux communistes et amis lui ont rendu un dernier hommage. Voici le discours d'Aimé Couquet, conseiller municipal communiste de Béziers prononcé le jour des obséques.
« Au nom de Robert, son frère et de Nelly, de ses camarades amis et de la section de Béziers du Parti Communiste Français, je vous remercie.
Maurice, tu nous as quitté. Nous sommes tristes. Nous sommes malheureux. Nous sommes là pour te rendre un dernier hommage dans la plus grande simplicité selon tes dernières volontés où avec l'humour qui te caractérisait, tu commençais par « Je me suis trop emmerdé aux obsèques des autres pour infliger à ceux qui m'aiment une telle corvée ». Mais comment taire cette longue histoire d'amour de quelques soixante ans entre toi et le PCF. Celle-ci est parmi les plus belles pages des grandes luttes et des rassemblements qui ont fait se lever notre région. C'est un long combat contre le capitalisme.
Après un séjour africain, au Sénégal, où ton père était fonctionnaire colonial dans ta prime jeunesse, tu est revenu en 1945 à Montpellier, la ville où tu est né, pour terminer tes études à la fac de droit. Tu as adhéré au PCF en 1947. Paul Balmigère t'ayant remarqué tu es devenu journaliste à « La Voix de la Patrie » puis chef d'agence à «La Marseillaise» à Béziers. Tu as été élu par tes camarades membre du Comité Fédéral en 1959, Secrétaire Fédéral en 1962 puis premier secrétaire en 1966. Tu as participé à tous les combats contre les guerres coloniales, le soutien à la branche clandestine du Parti Communiste Espagnol, le grand mouvement populaire de 1968. Tu as été élu au Comité Central de 1979 à 1990 et Secrétaire Régional de 1987 à 2001 où tu as été remplacé par notre ami Rolland Monells. J'arrête là l'énumération de tes services car je me souviens de tes paroles « Pensons en bâtisseurs et non en anciens combattants » car Maurice tu n'étais pas seulement un grand responsable du Parti mais surtout un «grand homme» contrairement aux apparences. Emmanuel Maffre-Baugé a écrit à ton sujet : «Je te revois, le visage grave, marqué par cette beauté que seule donne une vive intelligence liée à beaucoup de coeur». Oui Maurice, si tu n'as pas été une personnalité qui a fait la une des médias, tu as beaucoup aidé et marqué les différentes générations de militants communistes et bien au delà, beaucoup de progressistes.
C'est comme cela que dans les années 1970, le PCF héraultais n'est pas passé à côté de l'identité régionale. Ce fut une période particulièrement féconde. Avec des communistes, des personnalités venues du monde occitan et syndicaliste, tu as lancé le manifeste «Mon païs escorjat» sous la signature de Jean-Pierre Laffont, de Jean-Pierre Chabrol, d'Emmanuel Maffre-Baugé, de Jacques Roux et d'une équipe: Myriam, Henri, Jacques, Richard, Danièle et d'autres.
C'est une période où l'alliance entre l'ouvrier, le viticulteur et l'intellectuel s'est accomplie pour dessiner des luttes de résistance extraordinaires. C'est l'Adrecht, les poupées Bella, la mine de Salsignes...Une période de grandes manifestations agricoles et viticoles qui ont permis aux catalans et occitans, non seulement de se faire respecter mais d'exiger et d'obtenir des moyens pour accomplir la mutation agricole et viticole qui se dessinait. Une période faste de grandes initiatives de défense de notre culture et de nos traditions régionales comme Viùre al Païs, Mon païs escorjat, la marche du 10 mai 1980, le manifeste pour la langue et la culture catalane, le mot d'ordre « Vivre, Travailler, décider au pays »... Ce sont de belles pages de l'histoire du Languedoc-Roussillon où le PCF a su jouer un grand rôle. Maurice, tu as été un auteur et grand acteur communiste de cette histoire.
Sous ton aspect fragile tu étais un homme courageux: Physiquement même si tu n'étais pas un adepte des arts martiaux, tu aimais bien la bagarre. Ta participation en première ligne, à différentes manifestations houleuses le démontrait. Moralement : tu ne cédais en rien sur tes convictions communistes même dans les périodes difficiles notamment ces dernières années où tu as regretté et combattu la lente mutation et dégringolade du Parti vers des positions électoralistes.
Enfin, tout en pratiquant ce que le camarade Etienne Fajon appelait « L'art difficile de bien vieillir », tu as continué à participer au travaux de la section de Béziers du PCF. Ton expérience, ta culture, ta clairvoyance politique nous ont bien aidé à « Faire Vivre et Renforcer le Parti Communiste Français » pour abattre le système capitaliste, ce système que tu qualifiais de « prédateur ». Ton opiniâtreté à résister contre les signes de l'affaiblissement du corps tout en conservant une analyse vive et intelligente de la situation politique, nous a encouragé à poursuivre dans la voie révolutionnaire. Un camarade du montpelliérain qui ne peut être présent m'a écrit, je cite un passage de son message « C'est lui qui a su dire, à sa façon, en respectant par dessus tout, statuts et hommes, que le Parti partait sur des chemins, et dans son Hérault en particulier, qui le fourvoyaient. C'est lui qui me manquera demain, comme d'autres et plus que d'autres, pour continuer ce que modestement je reste... un militant révolutionnaire, malgré tout, malgré tous, un militant du grand Parti Communiste Français ».
Maurice, tu es resté fidèle à la position communiste de lutte des classes pour changer la société capitaliste par une société « où l'homme ne serait plus un loup pour l'homme ».
Merci Maurice, nous ne l'oublierons pas, nous ne t'oublierons pas. Maurice, nous t'aimons.»
Publié le 02/05/2009 à 12:00 par bezierspcf
Publié le 29/04/2009 à 12:00 par bezierspcf
Du bon usage du droit pénal par Hervé Tourniquet, avocat
On aurait tort de ne voir dans l’annonce d’une prochaine loi « anti-bandes » que la seule bonne grosse ficelle du retour aux thèmes sécuritaires pour détourner l’attention et le débat en période de fort mouvement social et à proximité d’échéances électorales. Il s’agirait de créer un délit de « participation à une bande violente » passible de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende. Encore peut-on s’attendre à ce que quelques députés zélés viennent encore aggraver le texte ou en étendre le champ d’application. Et tant pis si les praticiens du droit pénal, qu’ils soient magistrats, policiers, avocats et autres, s’accordent à souligner l’inutilité de ce texte au regard des dispositions existantes, s’il s’agit bien de l’objectif affiché…
Dans le Figaro du 22 avril, Christian Estrosi, chargé de cette mission par le chef de l’État, annonçait ainsi la couleur : « Il faudra, quoi qu’il en soit, en passer par la loi, car l’esprit de la bande aujourd’hui repose sur l’irresponsabilité collective. » Le mot est lâché et renvoie à une loi de sinistre mémoire, celle du 8 juin 1970, dite anti-casseurs, qui punissait de deux ans d’emprisonnement toute personne ayant continué à participer volontairement à un rassemblement illicite ou interdit, alors que des violences ou des voies de fait contre des personnes ou des dégradations causées aux biens avaient été commises du fait de ce rassemblement. Une loi qui reposait, déjà, sur le principe de la responsabilité collective, monstre juridique s’il en est un.
Rappelons en effet que, selon un principe fondamental du droit pénal, repris dans l’article 121-1 du Code pénal : «Nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.» Or, chacun sait ou se souvient que les principales victimes de la loi de 1970, avec les provocations qu’elle ne manqua pas de susciter, ne furent pas les casseurs mais les militants syndicaux et autres acteurs du mouvement social. En ces temps trop mouvementés aux yeux du MEDEF, et où l’exaspération combinée au désespoir conduisent à quelques événements dont la surmédiatisation n’est évidemment pas innocente, le message est clair : l’arsenal répressif se reconstitue contre le mouvement social et lui seul. Et pendant ce temps, le projet de dépénalisation du droit des affaires et du droit du travail poursuit son bonhomme de chemin, et la politique pénale du gouvernement anticipe d’ailleurs sur sa mise en oeuvre.
Il serait intéressant que le ministère de la Justice publie les statistiques relatives au nombre de plaintes pour entrave au fonctionnement des institutions représentatives du personnel, poursuivies par les procureurs de la République. Le pourcentage en est infime, obligeant les syndicats et élus du personnel victimes à de longues, coûteuses et aléatoires procédures. Mais ces victimes-là et, à travers elles, les salariés qui les ont élues, présentent-elles un quelconque intérêt ? Cette différence de traitement n’est pas une injustice de plus.
Elle est consubstantielle au régime actuel et prend, lorsqu’elle est poussée à son comble avec autant de cynisme, des reflets profondément antirépublicains. Vous avez dit rupture ?
Publié le 27/04/2009 à 12:00 par bezierspcf
Publié le 26/04/2009 à 12:00 par bezierspcf
"FRÊCHE SOUTIENDRAIT DSK EN CAS DE CANDIDATURE"
Le Midi-Libre du mardi 21 avril 2009, met en exergue en page Région "Point d'orgue de son voyage aux USA, la rencontre de Georges Frêche avec DSK". Mais qui se trouvait dans les bagages de "Jojo"? l'ineffable Jean Claude Gayssot! Une belle photo dans le bureau du directeur général du FMI le socialiste Strauss-Khan immortalise la rencontre. Dans le commentaire du journaliste (Patrick Nappez) on peut lire : "Damien Alary (Pdt du Conseil Général du Gard) et JC. Gayssot qui accompagnaient le Président ont souligné la "
concentration et la sérénité" du directeur du FMI sur sa tâche." A lire avec modération !
(photo D. R. midi libre)
Publié le 24/04/2009 à 12:00 par bezierspcf
ET APRÈS... PLUS NOMBREUX, PLUS DÉTERMINÉS!
VENDREDI 10 H BOURSE DU TRAVAIL - bd. F. Mistral - Béziers
Pour la première fois depuis 1948 toutes les organisations syndicales appellent à manifester , ensemble, partout en France. Le Premier Mai, dans la tradition unitaire du mouvement populaire nous pourrons manifester sans être en grève.
29 janvier... 19 mars: 3 000 000 de manifestants. Pour battre Sarkozy, l’UMP, le MEDEF il faut faire mieux. En comparant avec la Guadeloupe c’est 15 000 000 qu’il faut être dans les rues! Comme le souligne la CGT «il y a de la marge…»
Le nombre dans la rue sera décisif
Le capitalisme est en crise profonde. D’après les sondages, 70% des français le pensent. 60% approuvent les séquestrations de patrons voyous, 93% des moins de 25 ans soutiennent les manifestations. Le MEDEF s’inquiète. Une porte est donc entrouverte pour les battre. Sarkozy, le MEDEF, Straus- Kahn et Lamy des institutions monétaires internationales et du PS; tous partisans à des degrés divers d’une «moralisation du capitalisme» ne sont plus «les faiseurs d’idées dans le vent», majoritaires. Ils n’ont pas su prévoir la crise ils ne sauront en sortir.
Nous les victimes de la crise, nous tous, n’avons pas à faire les frais de leur système économique, ils doivent partir.
Notre détermination politique aussi, fera la décision
- Pour sortir de la crise, il faut sortir du capitalisme. A nous tous d'inventer notre société plus humaine...
- Produire grâce à l'autogestion en s'appropriant les moyens de production et d'échange.
- Produire pour les producteurs, les exploités; les deux tiers de la population de la terre qui a faim. C’est la solidarité élémentaire !
- Produire aussi d’autres «choses», bien être, connaissances, culture, santé…
Produire autrement, en respectant enfin notre planète, il est encore temps… mais ce temps nous est compté: écologie, nouvelles énergies…
De cette sortie, le capitalisme, attaché par définition à ses profits immédiats, est incapable. Le capitalisme a fait son temps en France, en Europe et dans le monde.
Le premier mai manifestons ensemble
Le 7 juin, aux élections européennes, comme dans les luttes, «faisons péter l’Europe capitaliste». Le vote « Front de gauche » rassemblement que nos mouvements sociaux, manifestations, grèves… prolongeront en un « Front populaire du début du XXI ème siècle » peut être une des clefs de la réussite.
C’est le mouvement populaire en complément et bien au delà des votes qui portera comme toujours dans notre histoire de 36, 45 et 68 notre avenir commun.
avril 2009 SECTION DE BÉZIERS DU PARTI COMMUNISTE 2 rue Voltaire
Publié le 24/04/2009 à 12:00 par bezierspcf
S'EN SOUVENIR LE 29 JUIN!
Strasbourg. Le Parlement européen a adopté le 22 avril le troisième paquet énergie, qui incite à la concurrence sous couvert de «favoriser les consommateurs». Séparer mais non pas céder. Fin mars lors de la procédure de conciliation, les délégations du Parlement européen et du Conseil européen (qui représente les gouvernements) étaient parvenues à un compromis. Les entreprises du secteur de l’énergie qui comme EDF ou GDF à la fois produisent et distribuent l’énergie au consommateur devront séparer leurs activités, dans le but de favoriser la concurrence. Le Parlement européen a hier voté en ce sens, par plus de 580 voix sur environ 680 votants (plusieurs textes étaient mis au vote), seul le groupe GUE votant contre.
Les rapporteurs socialistes (PSE), de droite (PPE) et souverainiste (UEN) se sont réjouis de ce compromis, mais ne l’ont accepté qu’« à contrecoeur » selon les propos de la travailliste britannique Morgan Eluned.
Ces groupes optaient pour une option plus radicalement libérale, à savoir la séparation patrimoniale. Ainsi, la Verte allemande Rebecca Harms a rappelé que «le point de départ» de la directive était une «proposition de Neelie Kros», commissaire à la concurrence, et que «l’instrument le plus efficace» pour satisfaire le consommateur était «la séparation de la production et du réseau». Dans ce cas, les opérateurs historiques du secteur auraient dû céder l’activité de transport ou de distribution à leurs concurrents.
Si les groupes acquis à l’option libérale, y compris les souverainistes, ne sont pas parvenus à imposer la séparation patrimoniale, cela est dû à la résistance de huit États. La France, l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Grèce, le Luxembourg, la Lettonie et la Slovaquie étaient hostiles au démantèlement de leurs champions nationaux. Une position que certains de ces États avaient rappelée lors du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, les 19 et 20 mars derniers. La question de la sécurité énergétique étant stratégique, les États ne peuvent se permettre de pulvériser des outils performants. Et ce d’autant plus que le but de l’opération est d’ouvrir le marché européen, afin que les opérateurs puissent conquérir des marchés en dehors du continent. Par ailleurs, dans certains pays, une telle décision entraînerait de fortes résistances de la part des salariés du secteur.
Si les entreprises ne devront plus scissionner, elles devront séparer leurs métiers. La directive leur propose trois solutions : la dissociation des structures de - propriété, la création de gestionnaires de réseau ou de transport indépendants. C’est-à-dire confier cette activité de gestion à une filiale.
Comme toujours, lorsque dans l’Union européenne on transforme une politique commerciale d’ouverture des marchés en politique industrielle, le paquet de la libéralisation de l’énergie a été emballé avec des «mesures en faveur des consommateurs». Une agence de régulation communautaire sera créée. Elle veillera notamment à faciliter le changement de fournisseur pour le consommateur. Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, un «compteur intelligent» sera instauré, pour contrôler sa consommation. Les mots «usagers» et "salariés" , eux, disparaissant du vocabulaire.
Gaël De Santis
Publié le 23/04/2009 à 12:00 par bezierspcf
Par Jacques Broda, sociologue, professeur à l’université de Provence.
En quoi les luttes sociales d’aujourd’hui sont-elles un laboratoire de communisme?
Dans les colonnes de l’Humanité, Georges Séguy nous rappelle le caractère historique, exceptionnel, du 1er Mai unitaire à venir. La jonction du mouvement social, des organisations syndicales, des partis de gauche dans la manifestation ouvre, depuis trente ans, une perspective politique sans précédent. Arriverons nous à transformer l’essai en programme politique révolutionnaire ?
De qu(o)i avons-nous peur? De quels confrontation, choc et prise de pouvoir, avons-nous peur? On sait l’impasse de la disjonction entre mouvement social revendicatif et projet politique transformateur. Ils ne recouvrent pas les mêmes enjeux. Le mouvement social est du côté de la résistance, un coin vient d’être enfoncé, résister est possible, faire reculer le pouvoir est réaliste, se rassembler aussi. Ne plus subir, ce premier temps de l’organisation en appelle deux autres : celui de la revendication, de son élaboration dans les limites du rapport de forces et de la logique capitaliste, et le temps du pouvoir. Ici c’est une autre paire de manches, elle en appelle à des luttes d’une autre envergure, à une radicalité qui ne peut faire l’économie de la transformation des rapports sociaux.
Dans les colonnes de l’Humanité, Archie Sheep nous rappelle la vitalité du mot «communiste». Le communisme ne saurait être qu’un mode de production, il est aussi, il est surtout un mode de penser, de vivre, de lutter, de travailler, de parler, il signe un être-aumonde où la dette symbolique est le tremplin du futur, le partage et le courage les ressorts de la subjectivité. Se rassembler pour barrer la route à la saignée capitaliste doit être le geste prémonitoire du projet commun, dans lequel nous ne pourrons vivre ensemble comme hier, mais mieux qu’hier, autrement qu’hier, ce en chacun et en tous. Les luttes sont un laboratoire, leurs victoires un espoir, leurs transformations en nouvelles règles de vie nous obligent à inventer une autre rhétorique, une autre pratique, une autre éthique.
Henri Meschonnic vient de disparaître. Il a toujours milité pour l’articulation dialectique de la poétique, de l’éthique et du politique. La perte est cruelle. L’idée demeure.
De qu(o)i avons-nous peur? D’où vient ce sentiment qu’il ne faut pas aller trop loin, taire les mots de prolétaires, de travailleurs, de capital, d’exploitation, d’extermination, parler par euphémisme? Taire les nationalisations démocratiques, l’autogestion démocratique, la planification démocratique. Taire la socialisation de la production et du crédit, taire la monnaie universelle, taire l’expropriation des expropriateurs, taire la lutte des classes. Et quand bien même l’énoncer ne nous dédouane pas de la confrontation permanente, lancinante, avec le pouvoir, mais aussi (surtout) dans nos rangs avec un populisme qui laisserait croire qu’il faut prendre l’argent aux riches pour le donner aux pauvres. Ce serait un piètre communisme.
Le communisme n’est pas le mouvement qui abolit le réel, il est le mouvement qui énonce le réel dans son impossible, le dépasse dans l’invention collective et courageuse de chaque un. Les forces productives explosent les rapports sociaux, ce sont les rapports sociaux qu’il faut changer et le rapport aux rapports sociaux. «Ce n’est pas le monde qui est là, c’est le rapport au monde», nous dit Meschonnic. La violence de la confrontation ne peut être édulcorée, elle doit armer notre intelligence à inventer une éthique qui abolit la peur. «Je dis qu’il y a révolution (poème) seulement si une forme de vie transforme une forme de langage et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de vie.»
l’Humanité des débats.
Publié le 22/04/2009 à 12:00 par bezierspcf
Les policiers dubitatifs
Le décret anti-cagoule et la future loi anti-casseurs sont jugés inutiles, voire dangereux, par les syndicats, qui réclament surtout plus de moyens.
Pragmatique, le SGP-FO : «D’un point de vue strictement corporatiste, en pleine négociation avec le ministère de l’Intérieur, de voir Sarkozy dire qu’il a encore besoin de ses flics nous satisferait presque. Mais on sait très bien que le pouvoir sort la carte sécuritaire quand il n’a plus rien dans son jeu. Or, les policiers en ont de plus en plus marre d’être en première ligne, de s’en prendre plein la gueule et de se voir toujours demander plus, alors qu’on va être de moins en moins. » Les syndicats de police se montrent plutôt dubitatifs face à un Sarkozy qui, aujourd’hui, enfilera à nouveau sa panoplie préférée, celle de premier flic de France.
Et pas n’importe où: à Nice, le fief du «motodidacte», Christian Estrosi, à qui Sarkozy a demandé de renforcer la législation contre les bandes. Si les syndicats de police ont rendez-vous la semaine prochaine avec ce dernier, de fait, à Gagny, le chef de l’État a d’ores et déjà donné les grandes lignes, réactivant cette loi anticasseur que la gauche avait eu l’outrecuidance d’abroger (lire l’Humanité du 16 avril). Pour Yannick Danio, de l’UNSA Police : «Si l’on voulait vraiment lutter contre les bandes, il suffirait d’appliquer les textes existants, éventuellement d’étendre le fichier francilien sur les bandes mais surtout, nous donner des moyens. Notamment sur le volet prévention parce qu’on le sait très bien : le tout-répressif, ça ne marche pas». Et de critiquer avec la même virulence le décret visant à interdire le port de la cagoule en manifestation : «Ce décret sera inapplicable. Parce que si l’on intervient en pleine manifestation pour interpeller quelqu’un qui porte une cagoule, on sait très bien que ça va dégénérer. Et que se passera-t-il quand un militant de la CFTC osera mettre un masque du tsar ? Faudra-t-il l’arrêter lui aussi ? Ce décret n’est qu’une réponse technocratique et politicienne à un problème de police.» Mais aussi une réponse « policière » à un problème éminemment politique.
Sébastien Homer (L'Humanité)