résumé des interventions d'Aimé COUQUET, Conseiller municipal de la liste "unitaire, communiste, 100%à gauche et solidaire" :
J'ai placé ma première intervention en l'accrochant au compte rendu de la dernière séance. J'ai rappelé au maire qu'il devait respecter la législation et la réglementation en vigueur dans le domaine de la rédaction du bulletin d'information municipale "Le journal de Béziers" qu'il édite et fait distribuer dans toutes les boites à lettres. C'est à dire respecter: la loi du 27.02.2002, art. 9, le code général des collectivités territoriales, art. L.2121-27-1 et L.5211-1 et la jurisprudence, T.A. de Rouen :" Les élus de l'opposition doivent bénéficier d'un espace réservé dans chaque n° du bulletin et cet espace ne peut-être ouvert aux élus de la majorité". Le dernier n°186 du « Journal de Béziers » ne respecte pas ces stipulations. De plus, en page 8, la rédaction de ce bulletin fait un compte rendu succinct de la séance solennelle d'installation du nouveau conseil municipal. Elle rend compte de l'intervention de Raymond Couderc, de Georges Fontès, de JM Duplaa, et comme par hasard oublie la mienne ! Encore la censure !!
Ma deuxième intervention a porté sur les comptes administratifs de la commune, autrement dit le bilan financier. Résumons :
C'est la fin de l'embellie financière pour la ville de Béziers.(provoquée par la mise en place de la communauté d'agglomération. Faudra-t-il payer par la suite? Certainement les contribuables verront une nouvelle ligne de fiscalité)
Trois clignotants sont au rouge et déclenchent la surveillance du Trésorier-Payeur-Général :
1°- Le coefficient de mobilisation du potentiel fiscal (autrement dit le niveau de pression fiscale locale): 138%, alors que le seuil d'alerte est à 100%! Cela confirme les observations précédentes de la Chambre régionale des comptes. Pour les communes de la même strate le niveau moyen n'est que 95,50%.
2°- Le coefficient de rigidité: c'est à dire les dépenses de fonctionnement et de remboursement de la dette divisées par les recettes réelles de fonctionnement: 100,28%, alors que la moyenne pour les communes de la même strate est 94,40%.
3°- L'encours de la dette divisé par les recettes réelles de fonctionnement donne 1,0315, alors que le seuil d'alerte est de 0,80! Cela représente une dette par habitant de 1 534€ contre 1 231€ aux communes de la même strate soit + 26%!
j'ajoute que le ratio des dépenses de personnel est de 60,15% des dépenses de fonctionnement alors que la moyenne des communes de la même strate est de 54,90%.
Il faut noter la faiblesse de la Dotation Globale de Fonctionnement que verse l'Etat, c'est-à-dire, 270€ par habitant, alors que pour les communes de la même strate c'est 312€, soit - 14% pour Béziers.
Cette situation financière confirme l'emballement de la machine et la surchauffe qui va se traduire par une diminution de l'épargne nette servant à l'investissement. Pour investir il faudra recourir à l'emprunt renforçant ainsi l'endettement. La machine infernale est ainsi mise en place.
Par contre, j'ai proposé une baisse des taux des trois taxes locales de -1,6% et c'est faisable, sans dommage, puisque la Loi des finances 2008, adoptée par le législateur, augmente les bases fiscales de +1,6%. Vous avez tout de suite compris... cette proposition a été repoussée.
J'ai profité des questions sur les affaires culturelles pour aborder la disparition de la Maison Aragon à la Devèze remplacée par le centre-socio-culturel dénommé "Albert Camus". Voici pour l'essentiel ce que j'ai dit :
« Monsieur le Maire, tout à l'heure au cours de vos communications vous avez abordé l'inauguration du centre socio-culturel que vous avez appelé "Albert Camus". Je confirme ma désapprobation concernant le fait que vous avez profité de la déconstruction, dans le cadre du PRU de la Maison Aragon, pour rayer ce nom définitivement du paysage Biterrois. Il est à croire que c'est par anticommunisme. En effet, cette réalisation faisait partie du bilan du mandat de Paul Balmigère, maire communiste et que Louis Aragon, grand poète et romancier du 20° siècle était membre du Parti communiste. C'est révoltant! Toutefois, je serai présent demain à l'inauguration du centre "Albert Camus" parce que c'est le centre socio-culturel de mon quartier, La Devèze et Albert Camus le mérite aussi. D'autant plus que je partage pas mal d'analyses de ce romancier et philosophe. Aussi, je vous invite à méditer cette idée qu'il a développée dans ses "Lettres à un ami allemand": "Qu'est-ce que l'homme? Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux". Un ange est passé !!
Enfin, comme convenu lors de la réunion publique organisée à la Bourse du travail par le « collectif sur les libertés individuelles », j'ai déposé, conformément au règlement intérieur du conseil municipal, un projet de "motion contre l'utilisation du fichier Base élèves du 1° degré". Deux jours avant la séance le maire m'a fait savoir qu'il n'inscrirait pas cette question à l'ordre du jour car "non locale"!
Pourtant, en fin de séance, place pour les questions orales ou écrites. Surprise, c'est une question du groupe du front national qui est à l'ordre du jour! Devinez? sur la sécurité! Alors là, il y a eu réponse du maire, en long, en large et en travers. Immédiatement, le représentant du front national sollicite la presse présente pour qu'un bon compte rendu de la réponse du maire soit assuré.
J'ai alors pris la parole pour lancer le débat sur les libertés individuelles et les fichiers, mais le maire avait levé la séance et je me suis retrouvé tout seul à « vociférer ». Même sur le banc de la "gauche" pas un mot!
Je trouve que ça fait un bien fou de constater qu'il y a encore des hommes combattifs ! J'espère que votre groupe pourra tenir sur le long terme un soutien à votre seul élu au conseil... car il risque très rapidemment de fatiguer... seul à porter des valeurs, seul à les defendre !